
Une anecdote déprimante, mais qui fait sourire avec Octave Malterre, "brico-youtubeur" chez La Boîte à Projets.
Il y a 12 ans, je me lançais dans ma première cloison. Résultat ? Un truc bancal, mal isolé et ultra-bruyant. Alors, j'ai appris. Désormais, je t'apprends à faire pareil. Prépare-toi à changer de vie (littéralement). Si tu es comme moi, un grand débutant en bricolage, et que tu veux apprendre à monter ta cloison comme un pro :
- Tu ne veux pas juste un résultat impeccable.
- Tu veux aussi (et surtout) éviter de perdre du temps à corriger tes erreurs.
- Et encore plus, tu veux éviter d'avoir à tout refaire dans 6 mois.
La vérité, c’est que le parfait n’existe pas. Mais une cloison bien montée, elle, change littéralement la vie (et ton chez-toi).
Monter une cloison : Mission possible pour les débutants
La dernière fois que j'ai voulu faire simple, j'ai fini avec un mur qui ressemblait à une vague bretonne...
Imagine : dimanche matin, café froid à la main et motivation trempée dans la mauvaise foi. Je me dis : « Facile le placo, deux rails et roule ma poule ! » Résultat ? Une cloison plus tordue que mes tentatives de régime avant l'été. Le genre de truc qui aurait fait pleurer un géomètre et ricaner mon chat. Sérieux, même les rideaux avaient l'air gênés d'être accrochés là-dessus. Mais hey, c'est comme ça qu'on apprend — et franchement, c'est moins cher qu'une formation chez les pros ! Soyons sérieux deux minutes… mais pas trop.
Pourquoi tu devrais te lancer : les avantages de cloisonner ton espace sans te ruiner.
Arrête de fantasmer sur les émissions déco où ils abattent des murs pour faire des lofts : toi aussi, tu peux transformer ton appartement sans te ruiner. Cloisonner, c’est pas juste fignoler un plan d’architecte en s’imaginant dans un magazine ; c’est surtout créer une pièce en plus (bye bye le coin buanderie dans le salon), calmer le voisinage sonore du fiston batteur ou isoler ce bureau dont tu rêves depuis trois confinements.
Côté sous : t'as pas besoin de vendre ta PlayStation pour t’offrir une suite parentale ou séparer ta chambre du coin gaming—un peu d’huile de coude suffit. Et niveau confort ? Meilleure isolation thermique et acoustique (fini le bruit du micro-ondes pendant tes réunions), circulation maîtrisée et surtout… un espace adapté à ta vraie vie (pas celle d’Instagram).
Ce que tu gagnes :
- Une nouvelle pièce sans permis de construire ni complications administratives.
- Une isolation thermique et sonore améliorée (adieu les bruits gênants).
- Une flexibilité pour créer un bureau, un dressing ou une salle de jeux.
- Un budget maîtrisé par rapport à des travaux lourds.
Les pièges à éviter dès le départ : ce que les tutos YouTube ne te disent pas (ou pas assez).
Franchement, si tu crois qu’un tuto « facile » sur YouTube suffira, détrompe-toi. Entre le gars qui filme sa pose parfaite avec trois assistants hors champ et ta réalité solo entre deux meubles IKEA bancals… y’a un fossé plus large que mon sourire devant l’état du carrelage après chantier. Voici la boucle des bourdes classiques—et crois-moi, tu veux les éviter :
- Oublier l’isolation (acoustique ET thermique) : Rien de mieux pour entendre ronfler jusqu'à l’étage.
- Mauvais calepinage : Si tes plaques ne tombent jamais sur un montant… bienvenue au royaume des fissures.
- Vis mal serrées ou trop serrées : Soit ça se barre, soit ça explose le carton ; ni pro ni pratique.
- Coupe approximative : Un trait de traverse et ta plaque épouse gracieusement la forme du vide…
- Espacement hasardeux des montants : Le placo plie comme tes résolutions sportives après janvier.
- Niveau à bulle foireux : Mon niveau est aussi droit que mes idées après trois cafés — vérifie toujours avec deux outils différents !
- Oubli du passage câbles/portes/fenêtres : Quand il faut tout percer après coup… tu pleures deux fois.
Checklist anti-catastrophe :
- Vérifie l’isolation avant de fermer les plaques.
- Trace au cordeau ou au laser (ou utilise une corde tendue).
- Prends ton temps sur chaque vissage : qualité > quantité.
- Découpe proprement (mesure deux fois, coupe une seule fois).
- Monte d’abord « à blanc » si tu n’es pas sûr : mieux vaut tester avant de visser définitivement.
L'arsenal du parfait cloisonneur : ton matériel, ton allié (ou ton pire ennemi)
Les plaques de plâtre : quel type choisir pour quel usage ? Le Placo, le BA13 hydrofuge, et les autres bêtes.
Ah, le choix du placo… Je me rappelle encore le jour où j'ai monté un mur standard dans des WC. Résultat : papier peint qui gondole dès la moindre vapeur. Morale : choisis le bon type de plaque dès le départ, sinon tu passes l’hiver à tout refaire.
En vrai : chaque pièce a son type de plaque, point barre !
Type de plaque | Usage conseillé | Caractéristiques | Résistance / Bonus | Prix indicatif (€/m²) |
---|---|---|---|---|
BA13 standard | Pièces sèches | 12,5 mm épaisseur, léger | Basique, pose rapide | 3-6 |
Hydrofuge | SDB, cuisine | Traitée contre humidité | Résiste à la flotte et aux vapeurs (!!) | 6-12 |
Phonique | Chambres/bureau | Cœur spécial plus dense | Limite les bruits parasites | 8-15 |
Ignifuge (Feu) | Proximité cheminée | Renforcée contre feu | Ralentit la propagation flammes | 8-14 |
Le BA13 (pour "Bord Aminci 13 mm") c'est l’indétrônable sur les chantiers classiques mais si tu utilises une hydrofuge dans le salon... bon courage pour justifier ça au vendeur.
L'ossature métallique : rails et montants, la charpente de ton futur mur.
Alors là, y'a pas débat : une cloison solide commence par une ossature digne de ce nom. Les rails sont tes nouveaux copains — ils se fixent au sol et au plafond (toujours droit sinon t’as une piste de skate dans le salon). Les montants s’emboîtent comme tes Lego préférés — version acier galvanisé qui coupe les doigts si tu fais pas gaffe.
- Rails R48/R70/R90 : Choisis en fonction de l'épaisseur désirée (R48=cloison fine classique ; R70 si tu veux mettre une bonne isolation ; R90 si t’aimes perdre de la place).
- Montants M48/M70/M90 : À accorder avec tes rails sinon c’est le divorce assuré en pleine pause café.
- Montage à sec = pas besoin d’eau ni d’attendre que ça sèche. Tu visses, tu ajustes — basta.

Les outils indispensables : de la perceuse à la pince à sertir, sans oublier le truc à la mode (et parfois inutile) : le split à clous.
Trop souvent je vois des gars venir bricoler avec un couteau à beurre ou un tournevis Ikea tout déglingué. Stop ! Voici le kit du survivant du placo :
- Cutter qui coupe vraiment (pas celui récupéré dans la boîte à gants)
- Niveau à bulle fiable (ou deux… vu la fiabilité des miens après apéro)
- Mètre ruban, crayon gras ou feutre indélébile pour ceux qui aiment vivre dangereusement
- Visseuse/perceuse, embouts cruciformes PH2 obligatoires sinon tu cries sur les vis toute l’aprèm
- Pince à sertir pour fixer rails/montants sans trop te prendre la tête avec des vis partout
- Lame ou scie spéciale placo/décoffrage, parce qu’avec une scie sauteuse c’est vite fait n’importe quoi
- Lève-plaque si tu veux garder ton dos jusqu’à ta retraite (ça coûte un peu mais ça sauve des vies… et des vertèbres)
- Grignoteuse et rabot spécifique pour les perfectionnistes… mais honnêtement, j’ai déjà fait sans hein.
- Le fameux split à clous ? Bof : gadget sauf si tu bosses dans un palace en construction non-stop. Sinon oublie-moi ça !
Les consommables : vis, chevilles, bandes à calicot, enduit... le petit bazar qui fait toute la différence.
Si t’oublies un seul consommable sur ta shopping list… prépare-toi à courir chez Brico Dépôt en plein orage. Voilà ce qu’il te faut pour bosser proprement :
- Vis spéciales placo autoperceuses (tête fraisée), longueur selon couche (25/35mm classiques)
- Chevilles adaptées au support pour fixer rails au sol/plafond s’il y a du béton ou du bois dessous – Molly/métal recommandées sur doublage creux !
- Bandes à joints (papier microperforé ou fibre) pour éviter les fissures — ne chipote pas sur quelques euros ici !
- Enduit de jointoiement en poudre ou prêt-à-l’emploi — dose généreusement mais évite d’en faire une piscine non plus…
- Papier abrasif/grain moyen-fin pour ponçage final avant peinture/humiliation publique sur Instagram…
Et voilà ! Si t’as tout ça sous la main t’es déjà mieux armé que 92% des apprentis plaquistes du dimanche.
L'étape clé : tracer et préparer, la base de tout (où tu décides si ta cloison sera sublime ou bonne pour la casse)
Mesurer, tracer, vérifier : la rigueur est ton amie (même si tu préfères les apéros)
La dernière fois que j’ai tracé au hasard en me disant « ça doit être droit », j’ai fini avec une cloison qui penchait comme une girafe sur un arbre. Sérieusement : si tu rates cette étape, c’est mort direct. Alors on pose la tasse de café, on range l’orgueil et on sort le mètre.
Tu veux du précis ? Voici comment font ceux qui veulent pas pleurer plus tard :
- Mesure la largeur totale de ta cloison (rail + 2 plaques : exemple classique = 48 mm + 2×12,5 mm = 73 mm) et reporte cette cote au sol ET au plafond. Tu fais deux traits espacés, pas un seul truc fantôme à moitié effacé.
- Utilise un cordeau à tracer pour avoir une vraie ligne droite sur toute la longueur. Pas de feutre fuyant ni de règle d’écolier tordue. Sinon investis dans un niveau laser pour jouer les pros… ou faire ricaner tes potes jaloux.
- Pour la perpendiculaire, technique des anciens : mesure trois unités sur un mur, quatre sur l’autre et vérifie que la diagonale fait cinq (oui oui, Pythagore en action). Sinon, tente le fil à plomb pour aligner sol/plafond :
- Un trait au sol, tu poses ton fil lesté depuis le plafond pile à l’aplomb du trait—le point d’impact te donne où tracer en haut.
- Vérifie l’alignement avec un niveau fiable (pas celui offert dans un calendrier de l’Avent Lidl). Croise toujours avec une deuxième vérif—j’ai déjà vu des niveaux qui riaient jaune quand ils voyaient le vrai mur…

Un traçage foireux = chantier raté avant même d’ouvrir la boîte à outils. Prends dix minutes de plus ici… c’est dix heures de galère évitées après !
Préparer la zone de travail : protège ce qui compte (et ce qui ne devrait pas)
L’autre jour j’ai oublié de bâcher le tapis persan de ma belle-mère avant chantier : résultat, il a connu le plâtre façon tempête du siècle. Plus personne ne me cause au repas familial depuis—donc retiens bien :
- Délimite ta zone avec du ruban adhésif large ou des repères visibles ; t’es pas obligé de repeindre tout l’appart non plus.
- Protéger le sol c’est minimum : bâches épaisses ou cartons double épaisseur sous chaque zone d’intervention. Les éclats de plâtre cherchent systématiquement les recoins précieux (expérience douloureuse inside).
- Mets les meubles hors zone ou emballe-les sous plastique serré (le drap jeté à la va-vite fonctionne seulement si tu veux tester ta patience).
- Anticipe les arrivées électriques/tuyaux : marque TOUS tes passages futurs AVANT fixation des rails. Sinon tu vas forer dans un câble ou devoir re-démonter tout le début—crois-moi, ça fout une humeur noire façon plombier mal réveillé !
- Repère aussi radiateurs/fenêtres/portes futurs… tout ce qui pourrait nécessiter une ouverture.
Enfin… prépare ton matos à portée : se relever toutes les 3 minutes pour chercher le crayon perdu ou courir après la rallonge électrique alors qu’on a déjà mis les chaussures pleines de poussière… ça finit par te saper le moral autant que les joints ratés.
Assemblage de l'ossature : construire le squelette de ta future paroi
Fixer les rails au sol et au plafond : solidement, bordel ! Faut que ça tienne.
La première fois que j'ai cru pouvoir fixer des rails "vite fait" sur un vieux parquet gondolé, j'ai passé plus de temps à ramasser les vis qui sautaient qu'à visser. Spoiler : la cloison a vibré comme une enceinte géante quand la porte s'est claquée, ça fout la honte. Bref, écoute bien :
- Repère avec précision l'emplacement de tes rails au sol ET au plafond (cordeau à tracer ou laser, sinon ton mur va suivre la trajectoire d'un serpent bourré).
- Découpe les rails à la bonne longueur. Pas de raccords foireux en plein milieu sinon tu le regretteras vite.
- Chevilles adaptées :
- Sur béton, chevilles à frapper ou vis + cheville béton (diamètre 6 ou 8 mm suffisent).
- Sur parquet/bois massif, vis à bois longues, mais vérifie qu'il ne bouge pas sous tes pieds (le bois mou = cauchemar assuré).
- Sur plancher creux/plaque de plâtre, chevilles métalliques type Molly obligatoires — tout ce qui est plastique finira par lâcher un jour où l'autre.
- Espace les fixations toutes les 50 cm maximum pour éviter que le rail ne fasse des vagues ou claque sous le poids du placo.
- Place un petit joint mousse si tu veux limiter les transmissions sonores par le rail (astuce peu connue mais diablement efficace).
- Une fois le rail sol posé, utilise un fil à plomb pour aligner le rail plafond pile dessus, et refixe aussi fort que possible.
- En cas d'irrégularité du support, n'hésite pas à glisser quelques cales fines sous le rail… mieux vaut prendre 3 minutes là que te taper un mur tordu jusqu'à la retraite !
Mettre en place les montants verticaux : la symétrie, c'est pas toujours ton fort, mais là il faut s'y mettre.
Les montants se posent dans les rails comme des rails de train miniatures – sauf qu'ici si tes wagons sont mal alignés tu finis avec une façade bancale digne d'un décor western.
- Glisse chaque montant entre ton rail au sol et celui du plafond, bien droit (bon sang !). Si jamais tu tombes sur un sol ou plafond pas plans (merci les vieilles maisons…), cale discrètement avec du carton fort ou une cale bois fine côté montant – ni vu ni connu.
- Le premier montant se plaque fermement contre le mur existant (mais pas collé serré sinon bonjour le pont phonique).
- Continue en éloignant chaque montant selon l'espacement conseillé… et surtout vérifie leur aplomb à chaque passage avec ton niveau – pas juste sur deux mais sur toute la hauteur !
- Tu peux légèrement pivoter chaque montant pour faciliter sa pose avant de le bloquer définitivement dans sa position finale. Certains aiment sertir pour solidariser tout ça sans vis—franchement utile si tu veux éviter trop de trous partout.
Conseils pour aligner parfaitement les montants
- Vérifie l'aplomb avec un niveau fiable (pas celui publicitaire offert chez Norauto !)
- Marque chaque emplacement au sol ET au plafond avant pose
- Ne commence jamais sans avoir tracé tous tes repères préalablement
- Calibre la distance entre chaque montant dès le départ, puis contrôle à chaque étape avant vissage définitif
- Prends ton temps pour ajuster avant de bloquer – rattraper ensuite c'est souvent mission impossible
La pause des montants intermédiaires : l'espacement, c'est le secret (et l'isolation acoustique aussi, entre nous)
L'espacement standard c'est 60 cm entre axes de montants – pas "environ", PAS "à vue d'œil", on parle de mesurer pile poil centre à centre ! Pourquoi ? Parce qu'une plaque standard fait 120 cm donc elle doit reposer sur deux montants parfaitement alignés — sinon elle pliera/fissurera comme mes espoirs en voyant mon relevé EDF après travaux…
Pour les plaques spéciales ou si tu mets double peau, vérifie systématiquement dans la doc technique : certains systèmes conseillent 40 cm d'entraxe en cas d'isolation lourde ou cloison haute.
Tu dois impérativement laisser assez de place entre deux montants pour intégrer laine minérale/bois/chanvre selon tes objectifs phoniques et thermiques ; si tu compresses trop tu perds tout intérêt isolant—et là ça sert plus à rien sauf faire joli sur plan !
Mon avis franc du collier :
Respecter cet entraxe n’est PAS une option pour éviter avoir une cloison molle qui vibre dès que quelqu’un éternue dans la pièce voisine… C’est aussi ce qui garantit une isolation correcte : si tu bâcles ici, dis adieu au silence et bonjour aux voisins amateurs de zumba. Bref : mesure soigneusement et oublie toute improvisation baroque !
La gestion des passages (portes, fenêtres, câbles) : anticiper comme un stratège, sinon tu vas devoir tout refaire.
Faire un dormant de porte sans renfort ? Bravo champion… Ta porte finira par s'effondrer comme mes bonnes résolutions du Nouvel An. Pour faire simple :
1. Prévoyez toujours deux montants verticaux solidement fixés DE CHAQUE CÔTÉ d’un ouvrant (porte/fenêtre), quitte à doubler l’épaisseur selon poids prévu.
2. Ajoute systématiquement un linteau métallique horizontal (découpé maison si besoin) en haut pour soutenir la retombée du placo et encaisser les chocs lors des ouvertures/fermetures répétées.
3. Pour les câbles électriques : passe-les AVANT fermeture complète ; éventre discrètement tes montants quand il faut — une scie-cloche spéciale métal fait des miracles proprement ici.
4. Anticipe aussi les arrivées d'eau/chauffage/climatisation… un oubli là-dessus = découpe sauvage garantie plus tard !!
5. Vérifie TOUJOURS mesures finales contre dimensions réelles des portes/fenêtres achetées — ne te fie JAMAIS aux indications écrites sur l’emballage seul !
6. Si plusieurs passages techniques prévus côte-à-côte (genre double prise électrique proche ouverture), espace bien et ajoute autant de renforts intermédiaires que nécessaire.
Checklist anti-galère pour ouvertures/passage technique:
- [ ] Doubler/multiplier systématiquement montants autour des ouvertures critiques
- [ ] Installer linteaux horizontaux robustes partout où on coupe un rail/montant vertical
- [ ] Repérer TOUS tes passages futurs sur plan AVANT fixation définitive
- [ ] Prévoir fourreaux/protections autour câbles/tuyaux intégrés dans ossature
- [ ] Noter dimensions réelles ouvrant/ouvrages spéciaux AVANT découpe
- [ ] Toujours finir par contrôler rigidité structurelle manuellement avant pose placo (un test secoue-visseuse suffit souvent)
L'habillage et la finition, le grand camouflage
Poser les plaques de plâtre : mode d'emploi sans se fêler une vertèbre
La première fois que j’ai voulu poser les plaques en solo, j’ai cru qu’un lumbago attendait derrière chaque panneau. Mon dos me reparle encore de ce jour. Sérieusement : si t’as pas envie de finir plié en deux, vive le lève-plaque !
Commence par positionner tes plaques verticalement : c’est l’option la plus simple (et moins de découpes), surtout si tes murs font moins de 2,50 m. L’horizontal c’est jouable, notamment pour renforcer la cloison ou croiser les joints, mais prépare-toi à jongler avec plus de manutention.
- Place la première plaque bien contre le mur existant… mais laisse toujours un petit jeu de 1 cm au sol (utilise des cales). Le placo n’aime pas l’humidité du sol ni le contact direct avec la dalle.
- Vérifie alignement ET aplomb avant toute vis. Pas comme ma tante qui a fini avec une cloison aussi droite qu’une côte bretonne…
- Continue à poser les plaques bord à bord sans forcer, pour éviter d’écailler les chants.
- Garde un joint fin (2–3 mm) entre plaques pour permettre à l’enduit de bien remplir plus tard.
- Prends appui sur un côté solide pour démarrer — c’est ton repère fiable pour tout le reste.
Couper le placo sans masacrer tout : le bon geste même si ton niveau est foireux
Franchement, couper une plaque c’est presque trop simple… sauf quand t’essaies d’inventer une méthode ou que tu utilises un cutter aussi émoussé que ta patience le lundi matin.
Voici LA technique qui marche :
1. Trace bien droit sur la face cartonnée (avec règle métallique ou niveau).
2. Passe le cutter fermement, sans hésiter, mais sans traverser la plaque (le but c’est d’entamer le carton + plâtre dessous).
3. Pose la plaque sur une surface plane, aligne la coupure avec un bord puis casse d’un coup sec avec genou/avant-bras – ça doit se fendre net.
4. Termine en découpant le carton opposé au cutter (fini proprement).
5. Pour les prises ou spots électriques : joue-la malin avec une scie à guichet ou scie cloche spéciale placo ; là pas besoin d’y aller comme un bûcheron — vas-y cool !
Le vissage des plaques : ni trop fort, ni trop mou — sinon tu pleures deux fois
Visser du placo sur montant métallique ? Franchement y’a deux écoles : ceux qui maquillent leurs beignets d’enduit et ceux qui ne percent jamais trop profond. Devine dans quel camp tu veux être…
- Utilise des vis spéciales placo autoperceuses (surtout pas des vis à bois récupérées)
- Visse tous les 30 cm max sur montants verticaux ET rails horizontaux pour éviter que ça claque au premier courant d’air.
- Tiens ta visseuse bien perpendiculaire (sinon tu fais un carnage).
- Sers juste assez pour que la tête soit légèrement en retrait mais SANS traverser complètement le carton : sinon ça tourne dans le vide et ça tient rien du tout. Le fameux “beignet” ? C’est moche, fragile — évite ça comme ton ex pendant les fêtes.
- Si vraiment t’as dépassé : rechignez pas à replacer une vis proprement juste à côté… mieux vaut deux trous rapprochés qu’un joint qui fissure dans trois mois.
Résumé vissage parfait :
- Vis tous les 30 cm maximum (jamais moins)
- Tête légèrement rentrée dans le plâtre, PAS percée côté carton
- Toujours commencer par les bords puis finir au centre
- Utilise embout adapté PH2… sinon bonsoir l’usure prématurée !
- Ne cherche pas la vitesse : prends quelques secondes par vis pour vérifier ton geste !
Bandes à calicot & enduit : camoufler ses erreurs comme un fantôme pro !
On rentre ici dans LA partie où tu peux rattraper pas mal de conneries… sauf si t’aimes vivre entouré(e) de fissures façon puzzle chinois. Prends ton temps et suis cette séquence imparable :
- Passe une première couche fine d’enduit sur chaque joint et creux éventuel (utilise une spatule large).
- Applique ta bande à calicot centrée pile-poil (tendue mais sans tirer comme un bourrin). Regarde bien : marquage Placo® contre la plaque, sinon elle gondole.
- Recouvre délicatement d’une seconde passe d’enduit — encore fine mais couvrante, chasse toutes bulles et plis dès maintenant sinon galère au ponçage.
- Laisse sécher pleinement entre chaque couche ! Si t’es pressé... tant pis pour toi, attends-toi à faire double ponçage voir triple humiliation devant tes potes bricoleurs.
- Deuxième voire troisième couche si besoin pour noyer complètement la bande et égaliser tout relief suspect ; 0aChaque fois pense « moins c’est mieux » plutôt que « je bouche tout comme chez mamie ».
- Sèche bien… puis ponce légèrement avant peinture [voir ci-dessous].
Les étapes clés pour un joint parfait :
1) Enduit fin en premier passe,
2) Bande centrée posée tout de suite,
3) Deuxième couche d’enduit,
4) Séchage total,
5) Ponçage minutieux avant finition !
Ponçage & préparation finale : là où tu peux vraiment te foirer (ou briller)
Le ponçage des joints c’est LE moment du verdict : surface douce ou mur granité façon plage bretonne après tempête ? 0aUtilise papier abrasif grain 120-150 sur cale manuelle OU ponceuse "girafe" si t’es équipé/grand malade des chantiers XXL. 0aNe force jamais comme un bourrin : on efface juste les bosses/aspérités sans attaquer tout l’enduit ni creuser jusqu’au carton ! 0aUn dernier passage au chiffon sec puis aspire partout autour - cette poussière se faufile PARTOUT même derrière tes oreilles… 0aEt pitié : protège tes poumons, ce n’est pas du sucre glace ! 0a 0a
0a 0aMon conseil final — ne pense JAMAIS que "ça ira" tant que tu sens au toucher des bosses ou creux sous ta main nue : si tu veux peindre après ou coller du papier peint sans voir tous tes défauts ressortir façon spot lumineux chez le dentiste... repasse UN coup léger partout jusqu’à sentir que c'est parfaitement lisse.
Les alternatives au Placo : quand la cloison se fait plus stylée ou plus simple
Cloisons amovibles ou modulaires : la flexibilité ultime pour les indécis (ou les locataires fûtés)
T’as déjà déménagé trois fois le canapé pour voir ce qui « irait mieux » et tu sens qu’une cloison définitive, c’est trop d’engagement pour toi ? Les cloisons amovibles sont faites pour toi. Pas besoin de sortir l’artillerie lourde ou de pleurer devant un mur troué, ici on parle de solutions qui se posent (et se virent) sans tout casser. En gros : tu places ta cloison où tu veux, tu changes d’avis dans six mois ? Tu déplaces, et basta. Montage rapide, pas de poussière partout ni de crise conjugale à cause des gravats sous le tapis.

- Rapidité : montage express parfois en moins d’une heure.
- Flexibilité : tu modifies ton espace comme bon te semble. Idéal si t’aimes pas rester bloqué sur un plan.
- Moins de poussière : pas besoin d’aspirateur industriel – tu peux presque faire ça en chaussettes (mais je recommande pas si t’es maladroit).
Résumé pour les pressés : La cloison amovible c’est LA solution sans engagement, zéro regret et sans poussière sur les bibelots de belle-maman.
Le claustra bois : séparer sans enfermer, le chic à la française
Alors là… le claustra bois, c’est la pièce maîtresse pour ceux qui veulent du style sans tomber dans le cliché du vieux paravent de grand-mère. Des lattes verticales ou horizontales (ou les deux si t’aimes la contradiction), une vraie touche déco qui laisse passer la lumière ET te protège du vis-à-vis. Tu veux du bohème ? Du scandinave ? Ou juste que tes potes croient que t’as fait appel à un architecte ? Le claustra coche toutes les cases.

Mon avis honnête :
Le claustra c’est pratique ET beau – même si ça coûte souvent plus cher au mètre linéaire qu’un mur en placo fait à l’arrache. Mais t’as pas cette impression d’étouffement d’une vraie cloison et tout le monde trouve ça canon… jusqu’à ce que quelqu’un s’y cogne (expérience vécue lors d’un apéro un peu trop arrosé). Bref, pour séparer sans plomber l’ambiance ni perdre la lumière naturelle : validé.
Verrières et murs de verre : jouer avec la lumière comme un chef… ou juste montrer ton nouveau canapé
Tu rêves du look atelier new-yorkais ou simplement marre des pièces sombres ? La verrière intérieure (en version industrielle ou sur-mesure) explose tous les compteurs côté luminosité ET donne du cachet même à une cuisine banale. Grâce à leur structure épurée en métal/aluminium (noir mat, blanc, ce que tu veux), elles délimitent sans cloisonner franchement. Astuce bonus : ça permet aussi d’étendre visuellement l’espace… pratique quand tu vis dans vingt-sept mètres carrés mais que tu veux faire croire que t’en as cinquante !

Aucune autre alternative ne rend « wow » aussi vite quand ta belle-famille débarque — surtout si ton salon est minuscule mais bien rangé (pour une fois…).
Les conseils du vieux loup de chantier : pour que ta cloison fasse l’admiration (ou la jalousie) de tes voisins
La première fois que j’ai voulu découper une plaque pour faire passer un câble, j’ai transformé le mur en gruyère et failli finir à la rubrique “faits divers” des bricolos anonymes. Depuis, je note tout ce qui m’aurait évité de balancer des jurons à faire rougir un docker. Si t’aimes pas les surprises dégueulasses, oublie pas : la préparation c’est la survie.
Isolation phonique et thermique : ne lésine JAMAIS sur ce poste, sauf si tu kiffes entendre ta voisine chanter sous la douche
Le frangin du voisin a cru malin de zapper la laine de verre parce que «c’est cher». Résultat : toutes ses réunions Teams sont animées par le bruit du sèche-cheveux d’à côté. Prends de la laine de verre ou roche, épaisse et bien posée (sans trous ni tassements). Coupe-la proprement aux bons formats (pas compressée, sinon tu perds tout l’effet !). Intercale dans chaque alvéole entre les montants. Et si tu veux vraiment te la jouer grand luxe : double-peau (deux couches croisées de placo), là t’es au sommet.
Gestion des chutes : anticipe et recycle comme un chef (ou prépare-toi à pleurer devant ton porte-monnaie)
Coupe d’avance les morceaux utiles dans tes restes – genre raboutage en haut ou en bas, ou renforts derrière radiateur/fixations lourdes. Garde toujours 1-2 chutes carrées sous le coude : elles sauvent la vie pour les «oublis» ou réparations imprévues (ex : découpe ratée pour prise électrique). Si t’as trop de miettes inutilisables : direction déchetterie direct, ça sert à rien d’entasser… sauf pour caler une table bancale.
Faire des saignées dans le placo sans tout exploser…
Besoin de loger un câble ou une gaine ? Arrête de tout bousiller à coups de burin ! Trace ton emplacement au crayon gras, puis utilise une scie à guichet ou une scie cloche pour percer juste où il faut. Pour les longues saignées verticales, cutter solide + règle métallique = combo imparable. Coupe SANS forcer : avance doucement et retire juste assez de plâtre/carton pour passer ton fourreau (pas plus !). Et pense toujours à ne PAS traverser toute l’épaisseur inutilement – sinon bonjour les dégâts côté opposé.
Marquer les montants sur les plaques avant la pose : astuce ultime contre le vissage foireux
Personne ne t’en parle mais c’est le move de pro : AVANT même d’approcher ta plaque contre l’ossature, trace l’emplacement exact de chaque montant métal au dos et/ou en bordure basse/haute. Comme ça, tu sais toujours où viser quand t’arrives avec ta visseuse (finies les pointes qui partent dans le vide ou qui s’échappent).

Petit rappel : vise TOUJOURS sur montant (axe central), jamais entre deux – question rigidité y’a pas photo.
Prépa militaire ? C’est surtout moins chiant qu’un SAV après coup !
Fais tes listes matos/vis/plans/côtes AVANT même d’ouvrir ton premier sachet de vis. Prépare outils propres, rallonges branchées, espace dégagé… Tant pis si tu passes 45 minutes avant d’attaquer vraiment – ces minutes-là valent plus cher que n’importe quel devis d’artisan qui se pointe avec trois stagiaires et te facture 200 balles l’heure.
Prends le temps d’aligner tes outils comme un sniper aligne ses cibles.
Personne n’est parfait… mais ta cloison peut sacrément changer ta vie !
Même après vingt ans je rate encore parfois un joint ou une vis. Spoiler : personne ne regarde ton mur au microscope – tant que c’est droit ET solide, t’as gagné. La cloison parfaite existe pas… mais offrir enfin du silence dans ta chambre ou virer cette odeur chelou du salon grâce à une vraie isolation ? Ça vaut toutes les petites imperfections du monde.
"La patience, c'est l'enduit invisible du bricoleur : sans elle, même le meilleur placo finit par fissurer."